À propos
Amandine Fabry, née en 1977, est une designer textile belge. Ses intérêts et son parcours se situent au coeur de la matière textile et de ses enjeux. Actrice du secteur textile depuis plus d’une vingtaine d’années dans des postes divers et des pratiques multiples, elle croise – au travers de la pratique du tissage – son engouement et ses questionnements autour de la définition et de l’élaboration même d’un tissu.
Passionnée par la pratique du tissage, elle y cerne un langage à explorer aussi bien dans la conception des tissus tissés que dans la force graphique de leurs représentations. Elle a débuté sa carrière en tant que senior designer dans l’industrie automobile, où elle a mené des recherches et développements pour de nombreux modèles commercialisés. En 2003, lors de l’ouverture du cursus de design textile à l’Académie Royale des Beaux-Arts (ArBA-EsA), elle rejoint l’équipe pédagogique et co-construit, aux côtés des titulaires successives, le projet pédagogique de cet atelier.
Au fil des années, son enseignement centré sur la pratique du tissage est devenu un acte de transmission et de partage, donnant à cette pratique ancestrale un souffle contemporain et mettant en lumière la richesse de sa complexité, entre savoir-faire, créativité et héritage culturel. Elle a également cofondé le studio de création habit-T, un atelier de création et de production textile visant à revaloriser le tissage manuel et à explorer de nouvelles écritures textiles. Ce projet s’est illustré à travers de nombreuses expositions et salons de créations contemporains. Parmi ses distinctions, habit-T a été sélectionné en 2007 pour le jury final du prix européen Émile Hermès et a reçu, en 2008, le prix de la biennale de design de Liège. Actuellement, Amandine Fabry se déploie entre l’enseignement, le développement de son projet tramesFACTICES et des recherches dans le secteur industriel, µarticulant ainsi transmission, exploration artistique et innovation technique.
Le projet tente entre les lignes de contribuer à l’héritage culturel textile trop souvent laissé en marge. Le fil est un élément linéaire qui trace des lignes dans le tissu. La rayure n’est donc pas mise en avant gratuitement, elle met toute la culture textile à l’honneur. La rayure par sa sororité avec les savoir-faire textiles est une sorte de liaison entre les premiers gestes de la pratique du tissage et la technologie employée pour la mise en œuvre du projet. La mémoire de ces gestes nourrit la réflexion nécessaire à l’élaboration de ces étoffes. La visualisation mentale entre la main et l’idée d’une conception à venir est une condition de possibilité d’une création textile innovante.
La rayure donne du volume à la couleur ou aux couleurs déployées dans les textiles. Elle engage un effet de trompe l’oeil pour donner du mouvement aux effets colorés. La rayure souligne et dissimule en même temps. Elle entretient une forme d’ambiguïté par sa force graphique. Le rayé attire l’oeil mais n’arrête pas le regard, il est trop débordant pour s’immobiliser. C’est cette dimension insaisissable, vibrante et sa parenté première avec le tissu qui ont fait de la rayure le point de convergence de cette recherche. Le chevauchement entre art & design et l’expérimentation menée ont suscité des questions ontologiques sur la manière dont le textile habite nos
cultures et nos récits humains. Le lexique textile soulevé par cette recherche titillent l’histoire des textiles et évoque – on pourrait dire chuchote – des parallèles entre graphisme, matérialité et histoire.
Les matières utilisées sont naturelles (coton, lin & laine) et choisies avec une attention particulière auprès de fournisseurs européens qui garantissent que les matières premières employées sont produites à partir de sources durables et/ou certifiées (fournisseurs certifiés, matières validée par des laboratoires
accrédités). La teneur en substances chimiques est vérifiée conformément aux normes REACH et GB18401, et les fournisseurs s’engagent à respecter toutes les obligations en matière de bien-être animal.
Le secteur du textile est particulièrement préoccupant sur la question de l’impact environnemental de la production textile. Les conditions de production de l’industrie mainstream rendent compliqué le développement de productions alternatives abordables, raisonnées et soutenables.
Au regard de cette réalité, la réflexion s’est portée sur la localisation de la production (partenaire de production européen proche), sur la valorisation de la création belge et sur la « sustainability » des matières employées.
